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Les Forges du Saint-Maurice

L'histoire des Forges du Saint-Maurice plonge ses racines dans celle de la colonie. En effet, dès 1670, un inventaire minier avait révélé à l'intendant Talon le riche potentiel de la région. Cependant, ce n'est qu'en 1730 que les Forges s'installèrent effectivement aux abords de la rivière, sous l'initiative de François Poulin de Francheville, alors seigneur de Saint-Maurice. La petite ville industrielle se développa autour de l'entreprise qui, profitant des besoins sidérurgiques de la France en guerre pour solidifier ses actifs, forgeait sa réputation. Suivant la Conquête anglaise et le développement rapide de la colonie, les Forges du Saint-Maurice intensifièrent leur production et se mirent à fabriquer différents objets d'usage courant. Les activités prospérèrent jusqu'à l'aube de l'ère industrielle, moment où l'entreprise étatique fut cédée à des particuliers. Perdant ainsi leur monopole, les Forges se concentrèrent alors sur la production de matières premières destinées aux grandes industries de la région, mais en vain. Elles fermèrent définitivement leurs portes en 1883. Devenu site historique, le parc des Forges du Saint-Maurice offre maintenant aux visiteurs les vestiges de son histoire. Dans le Québec d'avant la révolution industrielle, le forgeron occupait une place centrale dans la vie quotidienne des villageois. En effet, la nature de son travail le rendait indispensable : c'est lui qui fabriquait et réparait les outils, les clous, les serrures, les chaudrons, les poêles, les instruments aratoires, certains objets décoratifs, diverses pièces de machinerie mais aussi, et surtout, c'est lui qui ferrait les chevaux. À toutes ces raisons s'ajoutait le fait que la boutique de forge était considérée comme un lieu de rassemblement important : les habitants du village s'y retrouvaient souvent pour discuter et s'amuser. Ainsi, le forgeron rythmait de son marteau la vie entière de sa communauté, du moins jusqu'à l'avènement de l'industrialisation. Même si la plupart des objets sont maintenant fabriqués en usine, certains forgerons pratiquent encore leur métier de façon artisanale.

Fiches

Un métal céleste


Certaines météorites tombées du ciel sont susceptibles de contenir du fer, ce qui explique peut-être pourquoi les Sumériens appelaient cette substance le " métal céleste ". À même les sidérites, un type de météorite riche en métal, les Inuits comme les Indiens d'Amérique débitaient le matériau nécessaire à la fabrication d'objets décoratifs. Les restes d'une de ces météorites sont encore exposés au Hayden Planetarium à New York.


Le fer et le sang


Le fer est un métal gris-blanc argenté qui se retrouve non seulement dans la nature mais aussi dans le corps humain. Sa présence dans l'hémoglobine du sang permet aux globules rouges d'assurer le transport de l'oxygène dans l'organisme. Lorsque le corps manque de fer, il s'affaiblit. On craint alors qu'il souffre d'anémie.


Une substance résistante


L'atome de fer possède le noyau le plus stable de l'univers. Ce métal, ductile et malléable, sert pour la fabrication d'une foule d'objets. Cependant, il a tendance à rouiller lorsqu'il est exposé à l'air libre et à l'humidité. Afin de le rendre plus résistant, on peut le mélanger au nickel et au chrome pour obtenir un acier inoxydable qui est alors à l'épreuve de la corrosion.


Question de concentration !


Lors de la fusion du minerai, du carbone se mélange au fer et crée ainsi différents alliages qui ont chacun des propriétés spécifiques. Qu'ils soient nommés " acier ", " fonte " ou " fer doux ", ces alliages se distinguent par le pourcentage de carbone qu'ils contiennent. Ce qu'on appelle communément du fer est en réalité de l'acier, le métal le plus important de la révolution industrielle. Ajoutons que l'acier contient moins de carbone que la fonte et plus que le fer doux.


Les divers usages du fer


Né d'un mélange entre le fer et le carbone, l'acier peut à juste titre être considéré comme " le " métal du XXe siècle. Parce qu'il est malléable, résistant et recyclable à l'infini, on s'en sert pour fabriquer des ponts, des bâtiments, des boîtes de conserve, des pièces automobile, des boules de pétanque, des outils de jardinage et bien d'autres choses. Quant à la fonte, elle sert essentiellement pour les moulages et s'avère plus cassante.


L'âge du fer


On appelle désormais l'âge du fer cette période de la préhistoire qui suit l'âge du bronze et, précédemment, celui du cuivre et de la pierre. Les dates qui caractérisent cette ère varient d'une région à l'autre (entre 1100 et 800 av. J.-C.). Cependant, cette période coïncide avec la possibilité de faire un feu suffisamment chaud pour transformer le minerai en métal et implique la maîtrise des techniques relatives au fer, qui sont plus complexes à exécuter, entre autres parce qu'elles nécessitent un outillage particulier.

L'âge du fer atteignit son apogée dans la culture Hallstatt, en Angleterre, vers 500 av. J.-C. C'est à cette même époque que le forgeron acquit son statut social privilégié et que son savoir-faire fut reconnu comme un art.


Le rôle de l'eau


L'action du soufflet est indispensable pour attiser les braises et permettre au feu d'atteindre sa température idéale. Dans la plupart des installations industrielles, le soufflet est actionné au moyen d'une roue hydraulique. Celle-ci utilise l'énergie produite par l'eau, qui actionne ensuite le soufflet. Voilà une des raisons pour lesquelles bien des fonderies et des forges ont été bâties sur les rives des rivières.


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